[Etudes Supérieures] Livre de raison

Charlemagne est couronné empereur en l'an ...

[Etudes Supérieures] Livre de raison

Messagepar Muze le 16/03/2012 à 14:53

Bonjour,
Je dois faire un commentaire de document sur un extrait du Livre de raison d'Etienne Benoist.
En pièce jointe, l'extrait.
J'ai un problème pour comprendre la généalogie d'Etienne Benoist le jeune. Il rédige ce livre en 1426.
Mais qui était le premier Etienne Benoist, le vieux, dont les écrits sont recopiés dans ce passage? Le grand oncle d'Etienne le jeune ? Ou son grand-père ou arrière-grand-père ? Pourquoi le livre se transmet d'abord aux neveux d'Etienne le vieux puis pourquoi Pierre Benoist le donne ensuite à ses neveux ?
Je suis perdue !
Ensuite, j'ai mis en italique le passage où je suis sûre que c'est Etienne le vieux qui a écrit. Mais est-ce que tout le début de l'extrait est rédigé uniquement par Etienne le jeune ?
Merci de votre aide.
Pièces jointes
Livre de raison d'Etienne Benoistodt.pdf
Extrait à commenter.
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Re: [Etudes Supérieures] Livre de raison

Messagepar brigedesma le 16/03/2012 à 15:02

Fin moyen age Famille début de la bourgeoisie habitant le Limousin ? à Limoges ?
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Re: [Etudes Supérieures] Livre de raison

Messagepar brigedesma le 16/03/2012 à 15:04

Source :
Bourgeois casaniers et noble voyageur au miroir de leur livre de raison
Jean Tricard
14Ce texte à prétentions théoriques peut être rapproché du « testament » d’Étienne Benoist le Vieux, recopié par son neveu Étienne Benoist le Jeune.
15Ce testament de l’ancêtre de la famille prétend transmettre la sagesse patriarcale aux générations suivantes et est, manifestement, le texte de référence des Benoist. Or le voyage n’y est jamais directement évoqué. Tout au plus peut-on retenir le passage dans lequel Étienne Benoist traite du commerce maritime, mais pour en détourner, autant que possible, ses descendants : « Ne mettez rien sur la mer, à moins que vous gardiez par devers vous un capital suffisant pour pouvoir, en cas de perte de ce que vous avez mis, faire honneur à vos affaires avec ce que vous aurez conservé ; et surtout, on ne doit rien mettre sur la mer en hiver »
14. On peut certes estimer que ce texte atteste que les Benoist se sont parfois occupés de commerce maritime ou ont eu, au moins, la tentation d’y participer. Mais comment ignorer la naïveté toute terrienne de la dernière phrase ? Comment, surtout, ne pas être sensible à la frilosité du discours de l’ancêtre, qui rejette tout voyage au nom du risque couru ? Une mentalité précautionneuse à l’opposé de la mentalité aventureuse des grands marchands du temps. Par souci de prudence et de sécurité – mots clefs du testament – le patriarche respecté de la famille condamne le voyage.

15 Ibidem, p. 79.
16 J. Tricard, « La mémoire des Benoist : Livre de raison et mémoire familiale au XVesiècle », Temps, (...)
17 Livre de raison d’Étienne Benoist, p. 79.
18 Il est à peu près sûr qu’Étienne Benoist possède, à côté de son mémorial familial, des livres d’af (...)
16Il semble que le message de Jean Massiot et d’Étienne Benoist le Vieux ait été entendu des bourgeois et marchands limousins. Étienne Benoist le Jeune, l’auteur du livre de raison familial, n’y fait mention que d’un seul déplacement, et de façon très allusive : il ne s’agit pas d’un voyage d’affaires mais d’un déplacement à Poitiers, à l’occasion d’un procès. Le rédacteur écrit seulement qu’il fut « ajourné en la cour de Parlement par Gui et Jean de Bretous, frères »15. Il se garde de préciser que ces deux hommes sont ses beaux-fils qui l’ont accusé d’avoir provoqué par ses mauvais traitements la mort de leur mère Jeanne Colombe, sa troisième femme16. Evénement et voyage mémorables, à tous égards, dont Étienne Benoist n’a pourtant relevé dans son livre de raison que la date du départ de Limoges et de son retour – un voyage de vingt-six jours au total17. Ce grand notable de Limoges est-il un bourgeois casanier ou estime-t-il que le récit de ses voyages d’affaires n’a pas sa place dans son mémorial familial18 ?

17Si le livre de raison d’Étienne Benoist ne permet pas de répondre directement à la question, l’étude des livres des Massiot ou des Roquet – marchands de moindre envergure, il est vrai – amènerait à privilégier la première hypothèse et à faire de ces hommes des sédentaires avant tout.


J. Tricard, « Qu’est-ce qu’un livre de raison limousin du XVesiècle ? », Journal des Savants, juillet-déc. 1988, p. 263-276.
4 Par ordre chronologique des livres de raison :
– « Le livre de raison de Pierre Espéron, juge de Saint-Junien (29 août 1384-22 octobre 1417 et juillet 1443) », Nouveau recueil de registres domestiques limousins et marchois, L. Guibert éd. avec le concours d’A. Leroux, de J.-B. Champeval, de l’abbé Leclercq et de L. Moufle, t. I, Paris-Limoges, 1895, p. 25-81.
– « La chronique et journal de Gérald Tarneau, notaire de Pierre-Buffière (1423-1438) », Chartes, chroniques et mémoriaux pour servir à l’histoire de la Marche et du Limousin, A. Leroux et A. Bosvieux éds., Tulle-Limoges, 1886, p. 204-237.
– Le livre de raison d’Étienne Benoist (1426), L. Guibert éd., Limoges, 1882.
– « Le registre des comptes ruraux, contrats et notes diverses des Massiot (1431-1490) », Livres de raison, registres de famille et journaux individuels limousins et marchois, L. Guibert éd., Paris-Limoges, 1888, p. 105-174.
– « Le registre domestique de Guillaume et Hugues de Quinhard, bourgeois de Brive (12 juin 1455-12 mars 1509) », Nouveau recueil…, p. 91-108.
– « Le mémorial de Jean et Pierre Roquet, frères, bourgeois de Beaulieu (2 janvier 1478 - 9 mai 1525) », Ibidem, p. 118-153.
– « Le cahier-memento de Psaumet Péconnet, notaire de Limoges (1487-1502) », Livres de raison…, p. 175-186.
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Re: [Etudes Supérieures] Livre de raison

Messagepar brigedesma le 16/03/2012 à 15:08

---->Des Limousins ont partagé l’aventure de Jacques Cœur ?

Dans ce livre de raison, quels sont les conseils ayant trait à la vie religieuse, à la vie domestique et ceux qui concernent la vie économique ?
classe de 5ème
Les conseils d'un marchand de Limoges à sa famille, vers 1430

Mémoire soit que le seigneur Benoist laissa par écrit à ses neveux les paroles qui s'ensuivent...
Tout premièrement, je les prie d'être honnêtes en toutes leurs actions, de se confesser souvent, de tenir leur testament fait, et de le refaire chaque année [...].
Ne faites pas de serment à l'occasion de vos ventes et tenez à jour vos écritures.
Ne recherchez et n'achetez rien si votre capital ne demeure intact, de telle façon que la quantité de votre marchandise ne soit pas diminuée. Tenez votre capital en sûreté et ne prêtez à nul homme en pur gré, tant fût-il votre ami [...].
Extrait du Livre de raison1 d'Etienne Benoist, xve siècle


--->1 livre dans lequel le maître d'une maison tient les comptes et consigne ses conseils et réflexion sur la vie de sa famille et de son commerce.


Extrait du Livre de raison d'Etienne Benoist, xve siècle Extrait du Livre de raison d'Etienne Benoist, xve siècle
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Re: [Etudes Supérieures] Livre de raison

Messagepar brigedesma le 16/03/2012 à 15:42

--->Le rapprochement de la Noblesse et de la Bourgeoisie se marquait encore dans la façon de vivre. C'était l'état de fortune qui décidait des habitudes et des mœurs. Les bourgeois très riches, comme Jacques Cœur et Nicolas Rolin, avaient le même train de maison que les grands seigneurs. Jacques Cœur était un grand seigneur terrien. L'ancien avocat Nicolas Rolin, qui devint chancelier du duc Philippe le Bon, possédait quarante domaines. La moyenne Noblesse menait à peu près la même existence que la moyenne Bourgeoisie.

Hors des cours princières, où le moindre écuyer essayait d'éclipser son voisin et où les vanités de l'étiquette régnaient déjà, la vie quotidienne était très simple. Dans les châteaux des gentilshommes campagnards et dans les maisons des bourgeois, les inventaires de ce temps nous le prouvent, c'était le renie mobilier, très peu abondant et peu confortable ; c'était le même régime, frugal, sauf les jours de grandes fines. Les documents que nous avons conservés sur la vie privée des uns et des autres nous révèlent des idées et des soucis pareils, une nem absence de haute culture intellectuelle, une nième conception naïve de l'existence.

Ces documents sont d'abord les livres de raisons[11] et les archives des notaires. Le plus instructif des livres de raisons de cette époque est le mémorial commencé en l'année 1426 par Etienne Benoist, bourgeois de Limoges. Il est écrit en patois limousin.
--->Au début du cahier sont pieusement recopiées des règles de morale et de conduite données par un grand-oncle, qui vivait au XIVe siècle. L'oncle prescrit de rester honnête et de se confesser souvent. Il donne des conseils pratiques sur le contrat de mariage et recommande de bien choisir sa femme : Ne prends pas femme qui ait le cou mince, car les enfants s'en ressentent ; ni femme qui ne soit convenable de sa personne ; ni femme qui soit de plus haut lieu que toi, même et particulièrement femme noble. Suivent des principes commerciaux et des avis sur la gestion de la fortune : il faut tenir à jour ses écritures ; éviter de faire un serment à l'occasion d'une vente ; s'abstenir du commerce maritime ; fuir les procès et les bâtisses ; enfin éviter les charges municipales, et avoir le moins d'affaires possible avec les grands et. les gens d'Église. Les autres livres de raisons, trop rares, qu'on a gardés de ce temps, reflètent des pensées semblables, des principes d'existence identiques. Ce sont en général des notes de famille ; des mentions d'événements locaux, comme une disette, la venue d'un prédicateur étranger ; des comptes ; des copies de reconnaissances, d'actes commerciaux, de recettes médicales ; le tout entremêlé parfois de réflexions morales et de prières. Dans ces registres, de même que dans les testaments et les contrats que les anciennes archives de notaires nous offrent en grand nombre, le bourgeois du XVe siècle apparaît comme un homme positif, très dévot, très préoccupé du sort des siens et de sa vie future.


--->La puissance paternelle était grande. Les ancêtres étaient environnés de respect ; on les connaissait par leur nom en remontant le cours de plusieurs siècles, et on parlait d'eux religieusement. En 1250, écrit l'agriculteur Janme Deydier, régnait un mien grand aïeul qui s'appelait Guilhem Deydier. Étienne Benoist, quand il parle d'un de ses aïeux, l'appelle Monseigneur.
--->Le père de famille fait toujours son testament : car il veut régler lui-même l'avenir de sa femme et de ses descendants, et veiller au salut de son âme. Après avoir ordonné que ses dettes soient payées, réglé minutieusement ses funérailles, énuméré les messes et les prières qui doivent être dites pour lui, les legs qu'il fait à l'Église et aux pauvres, il organise la destinée des siens, en spécifiant souvent qu'il veut garantir sa famille contre les dissensions intimes et la rapacité des procureurs.
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Re: [Etudes Supérieures] Livre de raison

Messagepar brigedesma le 16/03/2012 à 15:45

----->Il faut d'abord remarquer que les livres de raisons n'étaient tenus que par les pères de famille les plus soigneux et les plus posés ; ils ne peuvent ainsi nous dépeindre la classe moyenne que dans sa partie saine et. sérieuse. Et puis, les auteurs des livres de raisons se gardaient évidemment de confier le secret de leurs défauts et de leurs faiblesses à ces mémoriaux que leurs enfants devaient lire un jour. Quant aux testaments, ils nous représentent les chefs de famille dans l'exercice du plus grave et du plus mélancolique devoir, face à face avec l'idée de la mort ; ce sont de ces actes où, les formules d'usage aidant, l'homme du niveau moral le plus médiocre prend de la grandeur et se transfigure. Enfin ces documents eux-mêmes, si on les examine sans parti-pris, révèlent-ils toujours des âmes du plus haut vol ? Il s'en faut.

Dans les testaments, le sentiment religieux apparaît souvent bien mesquin, bien intéressé, malgré les belles phrases que le notaire copie dans sa Bible : ces bourgeois ont peur de l'Enfer et donnent une part de leur fortune aux pauvres, mais ils savent trop bien calculer pour qu'on puisse leur attribuer une âme évangélique. Il faut renoncer à croire que les veuves pleuraient éternellement leurs maris : les testaments prouvent que l'immense majorité se remariait. Il faut renoncer à croire que la Bourgeoisie était chaste : les testaments mentionnent une quantité incroyable de bâtards. Voici un bourgeois qui vit en concubinage avec sa chambrière et lègue une propriété aux deux filles qu'il a eues d'elle. Voilà un mari ou une femme qui fait un codicille secret en faveur de ses enfants naturels. Le plus souvent, l'époux ou l'épouse sait que son conjoint a des enfants nés hors du mariage, et sanctionne les legs qui leur sont faits. C'est un événement si commun qu'il est accepté comme normal. On peut d'ailleurs trouver que ces mœurs étaient moins hypocrites et à certains égards moins dures que les nôtres. Quant aux domestiques, il est fort probable que, comme aujourd'hui, on n'en trouvait aisément et on n'en gardait longtemps que dans les pays pauvres, où la loi de l'offre et de la demande ne venait pas contrarier trop vivement les intérêts des maîtres. Le Ménagier de Paris et bien d'autres documents attestent qu'il y en avait beaucoup d'infidèles et de corrompus, qui changeaient souvent de maison. Les gens du XVe siècle se plaignaient déjà des insupportables exigences des nourrices. La grande ordonnance de 1351 défend aux placeuses, sous peine de pilori, de louer une nourrice ou une chambrière plusieurs fois dans une même année. Ainsi se trouvent vérifiés les portraits que les Farces du temps nous tracent, dépeignant l'avidité et l'ivrognerie des nourrices, les vices des chambrières, gourmandes, dépravées et méchantes, qui se moquent de leur maître, médisent de lui et aident sa femme à le tromper. Nous voici déjà bien loin de l'idylle du bon vieux temps.

====>FORMATION D'UNE CLASSE MOYENNE. MŒURS DE LA BOURGEOISIE ET DE LA PETITE NOBLESSE[1].
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Re: [Etudes Supérieures] Livre de raison

Messagepar Muze le 16/03/2012 à 15:48

Donc Etienne le Jeune écrit tout le passage du début, et ensuite ce sont les propos de son grand-oncle Etienne le vieux ?
Dois-je parler plus en détail de Pierre Benoist ou ce n'est pas nécessaire ?

Sinon, est-ce que le terme "Bâtisses" à un sens particulier au Moyen-Age ou est-ce le même qu'aujourd'hui ?
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Re: [Etudes Supérieures] Livre de raison

Messagepar brigedesma le 16/03/2012 à 15:58

bâtisse sous entend maison solide mais différente d'un château
maison médiévale classique que l’on distingue habituellement par certains éléments distinctifs d’apparat (arcades en pierre, fenêtres à colonnettes, chapiteaux, cheminée monumentale)
ne pas confondre avec une bastide (nom féminin) En Provence, maison de campagne.

voir bastide aussi = {autref.} Place forte.
Une bastide (de l'occitan bastida) est l'une des quelque trois cent cinquante à quatre cents villes ou villages neufs fondés dans le sud-ouest de la France entre 1229 et 1373 et répondant à un certain nombre de caractéristiques d'ordre économique ou politique.

La bastide la plus peuplée aujourd'hui est Villeneuve-sur-Lot. Enfin, la ville basse de Carcassonne est aussi une bastide.
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Re: [Etudes Supérieures] Livre de raison

Messagepar brigedesma le 16/03/2012 à 16:02

Pierre Benoist est mort à 17 ans ? je crois que je me trompe ...
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Re: [Etudes Supérieures] Livre de raison

Messagepar brigedesma le 16/03/2012 à 17:23

Le livre de raison – du latin ratio qui signifie calcul – est un registre domestique tenu par le chef de famille à l’époque moderne, plus précisément du XIVe au XIXe siècle, l’apogée de la pratique se situant entre 1550 et 1650


Les livres de raison, à l’image des mémoires, autobiographies
et autres écrits du for privé, témoignent d’une époque, d’un quotidien. Dans ces registres, leurs auteurs tiennent bien sûr leurs comptes, mais relatent aussi les évènements familiaux, la vie d’une communauté.

Le livre de raison est une œuvre masculine et concerne les affaires de famille dont la mémoire mérite d’être sauvegardé


En même temps que ses biens et la mesure de leur accroissement, le chef de famille compte aussi les siens
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