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Le corrigé d'Histoire-Géo : Epreuve majeure 1, Bac L :
Composition : « L’Europe dans la guerre froide (1947-1989). »
Sujet rarement tombé au baccalauréat sous cette formulation en composition, et qui correspond à différents chapitres du programme. Il ne s’agit ici ni de raconter seulement la guerre froide ni de raconter seulement l’histoire européenne, mais d’expliquer l’influence de la guerre froide en Europe et l’influence des événements européens sur les relations entre les deux Grands.
Les bornes chronologiques sont connues. L’année 1947, avec la promulgation des doctrines Truman et Jdanov, donne un socle idéologique à l’affrontement qui se prépare, mais ces événements ne concernent pas seulement l’Europe. Cette année est surtout l’année de l’adoption du Plan Marshall par un certain nombre d’États européens, qui formeront à terme ce que l’on appelle sous la guerre froide le « bloc de l’ouest », et l’année de son refus par d’autres États, qui rejoindront, de manière plus ou moins forcée comme la Tchécoslovaquie, le « bloc de l’Est ». L’année 1989 marque à la fois la chute du mur de Berlin, la fin des régimes communistes sous pression de la rue et des dissidents, et la fragilisation du régime soviétique en URSS. Pour notre sujet, le tournant est celui de la théorie des dominos appliquée aux régimes communistes d’Europe de l’Est : manifestations exigeant une libéralisation et la liberté de mouvement, chute inattendue du mur de Berlin (qui n’est qu’un symbole), ouverture du rideau de fer entre la Tchécoslovaquie et la RFA, manifestations massives en Pologne, en RDA, en Tchécoslovaquie, en Hongrie, puis plus difficilement en Roumanie et en Bulgarie, et chute de l’ensemble de leurs régimes communistes avant Noël.
Ces deux années 1947 et 1989 marquent une cohérence qu’il faut expliquer, sans donner tous les détails, en introduction. Il ne faudrait pas non plus se focaliser uniquement sur les événements liés à l’affrontement bipolaire : la gestion du plan Marshall a permis aux pays alliés des États-Unis de créer entre eux des liens économiques et politiques (OECE), jusqu’à pousser la France et la RFA à s’associer dans un certain nombre d’entreprises de coopération interétatiques avec le soutien américain (CECA, CED, CEE). Même si la construction européenne n’est pas le cœur central du sujet, il ne faut pas la négliger pour autant.
Le plan le plus attendu est chronologique. Attention à ce que les charnières des parties correspondent à des événements liés à l’histoire européenne.
On peut imaginer une problématique qui interroge les liens entre les événements de la guerre froide et les relations entre États européens, et corresponde à un plan chronologique. Voici ce qui n’est qu’une proposition, bien des plans pouvant être utilisés à condition de toujours relier guerre froide et histoire européenne :
1. Une Europe scindée par la guerre froide (1947-1961), l’occasion d’aborder la constitution des blocs et la fin de la Grande Alliance par le partage physique de Berlin, les crises de Berlin (notamment les événements de Berlin-Est) jusqu’à la construction du mur, le plan Marshall les prémisses de la construction européenne ;
2. Une Europe de l’Ouest qui s’enrichit face à une Europe de l’Est qui conteste (1962-1980), en insistant sur les différences politiques (démocraties libérales/démocraties populaires), économiques (économie libérale manifestée par la CEE/économie planifiée du COMECON), l’influence du communisme en Europe de l’Ouest et le poids de plus en plus fort des mouvements de dissidence en Europe de l’Est (la Charte 77, l’influence des écrits du russe Soljenitsyne, etc.), l’ensemble étant englué dans une détente qui n’a que le nom pour réalité entre la propagande américaine d’un côté (Radio Free Europe) et la doctrine Brejnev de souveraineté limitée des démocraties populaires de l’autre ;
3. Une Europe de l’Est qui s’affranchit progressivement de la tutelle soviétique pour épouser le modèle européen de l’ouest (années 1980), il faut ici insister sur les événements de Pologne (Solidarnosc, Jean-Paul II, l’état de siège), les attentes face aux réformes de Gorbatchev que les PC d’Europe de l’Est regardent avec méfiance, et terminer sur les événements de 1989, dans lesquels le hasard, l’influence des foules assemblées et le rôle des dissidents sont à mettre en avant. On peut terminer sur les espérances manifestées par les opinions publiques d’Europe de l’Est à rejoindre une CEE considérée comme un eldorado politique et économique, qui oblige la CEE à réfléchir à sa transformation en une Union européenne.
ici il manquerai 1975-1989 !!
Composition : L’Europe, enjeu de la rivalité Est-Ouest (1945-1975)
Introduction : Le libellé du sujet pose la question de l’Europe comme enjeu géopolitique de la guerre froide impliquant les deux blocs soviétique et américain de 1947 à 1975. Les deux dates choisies sont évidemment chargées de sens : 1947 marque la fin de la Grande Alliance entre la GB, les Etats-Unis et l’URSS et le début de la guerre froide ; 1975 coïncide avec l’apogée de la détente entre l’Est et l’Ouest symbolisé par la signature de la Conférence d’Helsinki (août 1975). La problématique revient formuler la question suivante : « En quoi l’Europe est-elle moteur et objet de la rivalité idéologique américano-soviétique entre 1947 et 1991 ? ».Un plan chronologique semble être le plus approprié pour répondre à une telle question.
I) L’Europe en 1945 : année zéro
A) Une Europe divisée lors de la libération et des conférences ( Yalta et Postdam).
1) Le problème de l’Allemagne
Occupation quadripartite de l’Allmagne.Des objectifs précis :dénazification, reconstruction .
Le cas de Berlin :
2 ) la fin de la grande Alliance :
Les tensions entre les vainqueurs
le discours de Fulton ( Churchill) " le rideau de fer"
B) Une Europe écartelée entre deux modèles idéologiques
1) Un fossé et une concurrence officialisés
- Doctrine Truman en mars 1947 : « Containment », plan Marshall. Exclusion des ministres communistes des gouvernements des pays démocratiques d’Europe de l’Ouest.
-Doctrine Jdanov en octobre 1947 : le monde est divisé en deux camps antagonistes.
2) La constitution des blocs entérine la scission du continent
- Formation du bloc de l’Ouest : OECE en 1948, cadre économique du plan Marshall ; CIA en 1947, service d’espionnage et contre-espionnage ; et OTAN, alliance militaire en 1949.
- Formation du bloc soviétique : CAEM en 1949, cadre économique entre l’URSS et les démocraties populaires ; KGB, service d’espionnage et contre-espionnage en 1954.
II) L’Europe, laboratoire du monde bipolaire (1947-1961)
A) Une rivalité idéologique traduite par des crises
1) Une Europe définitivement muselée
-Coude Prague en 1948 : l’URSS renforce son emprise en Tchécoslovaquie en renversant un gouvernement d’union nationale et en imposant les communistes.
- La satellisation des pays d’Europe de l’Est est presque totale : seule la Yougoslavie de Tito et la Finlande réussissent à imposer le non-alignement vis-à-vis de Moscou.
2) Berlin et l’Allemagne, thermomètres de la guerre froide
-Blocus de Berlin (juin 1948-mai 1949 déjoué le pont aérien américain. Staline tente d’asphyxier Berlin-Ouest, enclave occidentale en Allemagne de l’Est.
- Cette crise aboutit à la division du territoire allemand en deux nouveaux Etats : création de la RFA en mai 1949 (partie occidentale) et de la RDA en novembre 19409 (partie orientale).
B) L’Europe confrontée aux illusions de la « coexistence pacifique »
1) Un renforcement de la tutelle soviétique en Europe de l’Est
- Création du Pacte de Varsovie en 1955, alliance militaire dirigée par Moscou regroupant les démocraties populaires.
- La déstalinisation initiée par Khrouchtchev laisse espérer un assouplissement de la tutelle soviétique, amis répression de l’insurrection de Budapest en Hongrie par les chars de l’Armée Rouge.
2) Berlin au coeur de la déchirure
- Août 1961 : la RDA sous ordre moscovite érige un mur séparant définitivement les deux parties de la ville. Le mur de Berlin doit être un glacis hermétique.
Entre 1947 et 1961, l’Europe apparaît comme un continent pris en coup par la rivalité Est-Ouest.
III) L’Europe dans la détente : à la recherche d’une relative autonomie (1961-1975)
A) Les deux grands confrontés aux critiques endogènes
1) Moscou et « la mise au pas » des pays satellites
- Printemps de Prague en 1968 violemment réprimé sur ordre de Brejnev.
- Les partis communistes occidentaux réprouvent la violence orchestrée par le « grand frère moscovite »
2) Washington et les puissances européennes
- En 1966, De gaulle procède au retrait français du commandement intégré de l’OTAN, critique l’intervention américaine au Viêtnam et effectue un voyage à Moscou.
- En 1969, la RFA du chancelier Willy Brandt procède à un rapprochement diplomatique vers l’Est : « l’Ostpolitik » se traduit par une reconnaissance entre la RFA et la RDA en 1972.
B) Les espoirs du modèle européen
1) La Communauté économique européenne
- L’échec d’une communauté européenne de défense (CED) en 1954 recentre les objectifs sur le développement d’une communauté européenne économique en Europe de l’Ouest.
- Depuis 1957, atténuation de la dépendance commerciale des Européens de l’Ouest. A deux reprises ; en 1963 et en 1967, refus de l’atlantisme, de Gaulle empêche l’entrée du Royaume-Uni dans la CEE
2) Les accords d’Helsinki, apogée de la détente en Europe
- La Conférence pour la sécurité et la coopération en Europe (CSCE, 1975) engage les participants à ne pas violer les frontières des Etats en Europe et à développer le partenariat économique.
-Le destin de l’Europe semble un peu mieux maîtrisé par les gouvernements occidentaux. Ceci est confirmé par les transformations spectaculaires de la fin de la guerre froide.
Conclusion : - Dynamique de détente impulsée en Europe à partir des années 1960 se situant dans le réchauffement des relations bilatérales USA-URSS (série d’accords : accords SALT I et II). Recherche d’autonomie de l’Europe de l’Ouest cherchant à devenir un troisième pôle économique tout en restant attachée à l’OTAN et à l’alliance atlantique. Les démocraties populaires ne parviennent pas à s’émanciper de la tutelle soviétique, Brejnev leur imposant la doctrine de al souveraineté limitée ». – Apogée de détente en 1975 ? Non, leurre car relance de la guerre froide par l’URSS dans la décennie suivante : entrée dans la « guerre fraîche », relance du réarmement avec les euromissiles (SS20 contre Pershing...).