[Etudes Supérieures] Gandhi

Charlemagne est couronné empereur en l'an ...

[Etudes Supérieures] Gandhi

Messagepar fundan le 27/06/2012 à 17:41

Bonjour

Pourquoi Gandhi avait il accepté l'invitation de mussolini de venir en Italie ? Ne savait il pas qui était le dictateur ?

Merci
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Re: [Etudes Supérieures] Gandhi

Messagepar JSC le 27/06/2012 à 20:04

Bonsoir.
Tout le problème me semble être dans les lorgnettes qu'on utilise pour disséquer et analyser (voir interpréter) l'histoire!
Personne en 1922 (accès au pouvoir de Mussolini) aurait dit qu'il était un Dictateur!
D'ailleurs un Dictateur n'est pas forcément "méchant".
Les opinions de ses contemporains sont pas mal laudatrices:
Churchill, en 1926, le définit comme « le plus grand législateur vivant » et encore en 1940, « un grand homme » ;
le Pape l’appelle « l'homme de la Providence » et lui confère, en 1932, l’ordre de l'Éperon d'Or ;
beaucoup en Europe, en 1933, l’appellent « le sauveur de la paix » ;
Franklin Delano Roosevelt lui prodigue des commentaires flatteurs ;
Gandhi affirme que « le Duce est un homme d’État de premier plan, complètement désintéressé, un super-homme »


Le peuple estime souvent que le personnage politique qui les "sauve" serait irréprochable.... jusqu'à sa chute ;p

Gandhi et la non-violence:
Le concept de non-violence (ahimsa) et Résistance non-violente a une longue histoire dans la pensée religieuse indienne et a eu de nombreuses occurrences dans des contextes hindouistes, bouddhistes, jaïnistes et judéo-chrétiens. Le concept de non-violence lui-même est une traduction, forgée par Gandhi, du mot sanscrit ahimsa (a : privatif et himsa : nuisance, violence), présent dans les traditions religieuses de l’Inde. Gandhi explique cette philosophie et ce mode de vie dans son autobiographie.

« Quelle différence cela fait-il aux morts, aux orphelins et aux sans-abri, que la destruction aveugle ait été amenée au nom du totalitarisme ou au nom sacré de la liberté et de la démocratie ? »

« Il y a beaucoup de causes pour lesquelles je suis prêt à mourir mais aucune cause pour laquelle je suis prêt à tuer. »

Lettre de Gandhi à Hitler, dans laquelle il le conjure de ne pas déclencher la guerre et d’atteindre ses objectifs par la non-violence, 23 juillet 1939.

En appliquant ces principes, Gandhi n’hésita pas à les emmener aux extrêmes de sa logique. En 1940, quand l’invasion des îles britanniques par l’Allemagne nazie semblait imminente, Gandhi donna l’avis suivant au peuple anglais.

« J’aimerais que vous déposiez les armes que vous possédez comme étant inutiles pour vous sauver, vous ou l’humanité. Vous inviterez Herr Hitler et Signor Mussolini à prendre ce qu’ils veulent des pays que vous appelez vos possessions… Si ces gentlemen choisissent d’occuper vos foyers, vous les leurs laisserez. S’ils ne vous laissent pas partir, vous vous laisserez massacrer, hommes, femmes et enfants, mais vous refuserez de leur prêter allégeance. »

Néanmoins, Gandhi se rendait compte que ce niveau de non-violence requérait une foi et un courage incroyable que peu de monde possédait. Il conseillait donc qu’il n’était pas nécessaire que tous restent non-violents si la violence était poussé à l’extrême :

« Je crois que s’il y a seulement le choix entre la violence et la lâcheté, je conseille la violence. »

« J'aimerai mille fois mieux risquer la violence que risquer l'émasculation de toute une race. »

« Marcher sur le tranchant effilé de l' ahimsâ n'est pas chose facile dans ce monde plein de himsâ. La richesse ne nous y aide pas ; la colère est un ennemi de l' ahimsâ ; et l'orgueil est un monstre qui la dévore. Dans cette observance ferme et acérée de la religion de l' ahimsâ, il faut souvent reconnaître la prétendue himsâ comme la forme la plus vraie de l' ahimsâ63. »

« Je répétais à chaque réunion l’avertissement qu’à moins qu’ils sentent qu’avec la non-violence ils avaient une force infiniment supérieure à celle qu’ils possédaient avant, ils ne devaient pas appliquer la non-violence et reprendre les armes. »

Gandhi pensait que la violence était inefficace et ne pouvait qu’initier une chaîne continue de vengeance. Il disait de la loi du Talion :

« Œil pour œil et le monde finira aveugle. »

Gandhi rattachait également la non-violence au féminisme. Il l’explique lors d’un discours pendant la marche du sel : « Appeler les femmes le sexe faible est un mensonge. C’est une injustice des hommes faite aux femmes. Si la non-violence est la loi de nos êtres, le futur est avec les femmes. »

Gandhi puisa une partie de son inspiration dans les écrits de Léon Tolstoï, qui, dans les années 1880 avait vécu une conversion profonde en une forme personnelle d’anarchisme chrétien, ce qui l’avait amené à concevoir un christianisme détaché du matérialisme et non violent. Gandhi a écrit une introduction à Lettre à un Hindou de Tolstoï, écrite en 1908, rédigée en réponse à la violence des nationalistes indiens, et tous deux correspondirent jusqu’à la mort de Tolstoï en 1910. Certains pensent que sans Tolstoï, Gandhi n’aurait peut-être jamais été aussi déterminé à mener une action aussi non-violente qui fit sa gloire. Tolstoï a d’ailleurs lui-même beaucoup fréquenté certains courants orientalistes et a régulièrement correspondu avec des bouddhistes, hindous et baha'is.


Philosophe spirituel? Politique pragmatique?

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Re: [Etudes Supérieures] Gandhi

Messagepar brigedesma le 28/06/2012 à 08:45

Romain Rolland
il sut, peut-être grâce aux conseils de son ami Rolland, déjouer toute tentative de récupération par le régime mussolinien.

1931 en octobre Mussolini accueille le Mahatma Gandhi au palais Venezia
http://cache6.thoughtfulindia.com/wp-content/uploads/2011/03/mussolini.jpg


Parutions.com : Vous insistez souvent dans votre ouvrage sur le retentissement international, qu'il ait été négatif ou positif, qu'a eu Mussolini à son époque. Le Duce a-t-il plus marqué ses contemporains qu'Adolf Hitler par exemple?

Pierre Milza : Incontestablement, car Mussolini est arrivé sur la scène internationale bien avant Hitler et plus profondément parce qu'Adolf Hitler a assez vite montré son visage et qu'il existait en France un anti-germanisme latent sur lequel est venu se greffer un anti-nazisme. Les admirateurs d'Hitler hors d'Allemagne sont donc peu nombreux. En revanche ceux de Mussolini sont nombreux et on ne les retrouve pas seulement à l'extrême-droite, on en trouve dans la droite conservatrice, modérée, voire dans la gauche modérée. En France comme ailleurs, notamment en Angleterre dans la classe dirigeante, Mussolini a longtemps bénéficié d'une image positive comme l'homme qui avait arrêté la révolution, ensuite, parce qu'on voyait du fascisme ce qu'on voulait bien voir, comme l'homme qui avait inventé une "troisième voie" entre le marxisme et le libéralisme. Cette troisième voie pouvait être appliquée dans d'autres pays d'où des admirateurs comme Churchill, Roosevelt qui au moment du New Deal est très élogieux à l'égard de Mussolini, Henri et Bertrand de Jouvenel en France qui sont loin d'être des hommes de droite, encore moins d'extrême-droite. On peut aussi citer Gandhi rendant visite au Duce à Rome accompagné de sa chèvre ou bien même, alors que Mussolini n'a pas encore versé dans le racisme et l'antisémitisme, le grand dirigeant sioniste Chaïm Weizman qui vient en février 1934 obtenir son soutien face à l'Allemagne et dont l'épouse demande même au dictateur une photo dédicacée.

Parutions.com : En guise de conclusion, pouvez-vous nous dire si la rédaction de cette biographie vous a apporté un éclairage nouveau et des satisfactions particulières?

Pierre Milza : Tout à fait. Je ne me doutais pas avant de commencer à quel point la personnalité de Mussolini et le fonctionnement de son système avaient marqué l'Italie. J'ai pu vérifier un certain nombre de grandes hypothèses avancées par Renzo de Felice; il est clair que la thèse de l'adhésion populaire au régime surtout entre 1929 et 1935 résiste très bien à l'analyse même si cette thèse compte encore des ennemis. De même, je souscris particulièrement à la thèse d'une différence de nature entre nazisme et fascisme. Si on peut classer les deux idéologies dans une même famille, il n'en reste pas moins que la culture politique du nazisme, et la culture politique d'Hitler en particulier, est une culture politique de droite et d'extrême-droite, raciste, antisémite nourrie de pangermanisme et de nationalisme allemand avec sa conception biologique de la nation alors que la culture politique de Mussolini est une culture de gauche. Même si le fascisme intègre le nationalisme au socialisme révolutionnaire, Mussolini restera fidèle à cet aspect de sa culture de jeunesse. Ce syndicalisme révolutionnaire, ce socialisme resurgira, pour des raisons profondes, à l'extrême fin lorsque Mussolini essaiera dans les derniers jours de la république sociale de passer le pouvoir non pas à la bourgeoisie, non pas aux alliés, non pas aux communistes mais aux socialistes vers lesquels il tentera une dernière démarche pour leur passer le relais.

(Entretien réalisé le 24 janvier 2000)
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Re: [Etudes Supérieures] Gandhi

Messagepar JSC le 28/06/2012 à 14:56

En élargissant: un homme (ou une femme) politique fait toujours ce qu'il est politique (dans le sens de "à son avantage") à faire!

Quelle est l'attitude de Mitterrand envers Nicolae Ceaușescu ?
L'occident ne vend pas des armes à la Syrie? Aux généraux de la junte argentin dans les années 1970 ?
Quelle est l'attitude de Sarkozy envers Mouammar al-Kadhafi (infirmières bulgares/visite d'État à Paris/révolution du Printemps arabe) ?
Quelle est l'attitude de Thatcher envers le Général Pinochet ?
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Re: [Etudes Supérieures] Gandhi

Messagepar brigedesma le 28/06/2012 à 17:05

Image1931 3 décembre : Gandhi plante un arbre devant Kingsley Hall, East End, Londres, Angleterre. L'arbre fut détruit lors de la seconde guerre mondiale dans un bombardement et fut replanté par Lady Attenborough en 1984
1928. Août : la commission présidée par Motilal Nehru préconise un statut de dominion au sein de l’Empire. Refus britannique et rejet de la communauté musulmane.
1930. 26 janvier : son fils Jawaharlal Nehru, élu le mois précédent à la tête du Congrès, lance une campagne de désobéissance civile.
Avril-mai : Gandhi organise la « marche du sel », est arrêté et relâché six mois plus tard.
Novembre : première conférence de la Table ronde, à Londres sur le statut de l’Inde, boycottée par le Parti du Congrès.
Décembre : le poète et philosophe Mohammad Iqbal propose la création d’un Etat musulman séparé.
1931. Mars : accord entre le vice-roi Irwin et Gandhi (pacte de Delhi), fin de la campagne de désobéissance civile.
Septembre-novembre : échec de la deuxième Table ronde.




De nouveau emprisonné, il est néanmoins invité à la deuxième conférence de la Table ronde, qui se tient à Londres, 1931. Vêtu d'un simple pagne et d'un châle, il séduit le petit peuple de la capitale anglaise, mais agace Churchill. La conférence échoue à cause des divisions, entretenues par les Britanniques, entre les communautés religieuses indiennes. Sur le chemin du retour, Gandhi séjourne à Paris puis en Suisse, où il rencontre son biographe Romain Rolland, et en Italie, où il croise Mussolini.


Gandhi termine son discours sur ces mots restés célèbres: "Je me considère comme un soldat, toutefois un soldat de la paix. Je connais la valeur de la discipline et de la vérité. C’est pourquoi je vous demande de me croire lorsque j’affirme ne jamais avoir pris à mon compte le fait que la population indienne, si cela devenait nécessaire, pourrait recourir à la violence."

Après son allocution, Gandhi rejoint la ville suisse de Villeneuve où l’accueille son ami écrivain Romain Rolland. Avec son livre Gandhi, le prix Nobel français qui vit au bord du lac Léman a été un des premiers à faire connaître la pensée du Mahatma en Occident. À l’occasion de cette visite, il voudrait convaincre Gandhi de prôner l’insoumission et le refus de payer l’impôt dans tout État en guerre et surtout de dénoncer les régimes fascistes plus que les démocraties, même si elles possèdent des colonies. Mais Gandhi ne s’intéresse qu’à l’Inde et explique à son ami, consterné, qu’il profitera de ses derniers jours en Europe pour rendre visite au pape et à Mussolini. Le premier ne voudra pas le recevoir sous prétexte qu’il n’est pas correctement vêtu. Le second l’accueillera en grande pompe au son du tambour des jeunesses fascistes. Autant dire que le voyage européen de Ghandi est un désastre pour son image en Europe et en Amérique…
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