Bonjour,
je passe mon bac en septembre à cause de problèmes de santé et je voulais savoir si une personne étais disponible pour m'aider svp. Et éventuellement corriger mes exercices de type bac
merci
productivité du travail = quantité produite / quantité de travail utilisée.
La productivité permet de mesurer l'efficacité du système productif, d'une entreprise par exemple. Mais l'efficacité pour une entreprise, c'est quoi ? L'activité d'une entreprise, c'est de produire. Son efficacité sera d'autant plus grande qu'elle produira une quantité donnée avec moins de facteurs de production (capital et travail). La productivité est donc toujours une comparaison entre la production réalisée et les quantités de facteurs de production utilisés pour réaliser cette production.
La productivité du travail compare la production réalisée à la quantité de travail utilisée. On a donc le rapport :
productivité du travail = quantité produite / quantité de travail utilisée.
La quantité de travail utilisée peut être mesurée simplement par le nombre de travailleurs (ou nombre d'emplois) ; on obtient alors la productivité par tête (ou productivité moyenne). Mais la durée du travail peut être très différente d'un pays à un autre. La quantité de travail est donc plus précisément mesurée quand elle est mesurée en heures, en faisant le produit "durée moyenne du travail (en heures par an) x nombre de travailleurs". On obtient alors la productivité horaire.
Outre la productivité du travail, on peut calculer d'autres sortes de productivité :
la productivité du capital : elle compare la production réalisée à la quantité de capital utilisée. On a donc le rapport :
productivité du capital = quantité produite / quantité de capital utilisée.
la productivité globale des facteurs : elle compare la production réalisée à la quantité de capital et de travail utilisée. On a donc le rapport :
productivité globale des facteurs = quantité produite / quantité de travail et de capital utilisée.
Remarque : quand on ne précise pas de quelle productivité on parle, il s'agit pratiquement toujours et de manière implicite, de la productivité du travail.
Les économistes néo-classiques considèrent que la productivité joue un rôle essentiel dans la détermination de la demande de travail : la demande de travail (des entreprises) dépend de la comparaison entre le salaire (qui se détermine sur le marché du travail) et la productivité marginale du travail (schématiquement, la productivité du dernier travailleur embauché). L'entreprise embauche tant que le salaire est inférieur à la productivité marginale du travail.
Enjeux 0[0]
La notion de productivité est au coeur des mécanismes économiques. Tous les systèmes économiques, toutes les entreprises, mais aussi tous les individus rationnels, cherchent à être le plus efficaces possible, c'est-à -dire à produire le plus possible compte tenu des facteurs de production (capital et travail) dont ils disposent. Non seulement on va chercher à avoir une productivité élevée, mais on va vouloir continuellement augmenter cette productivité. C'est la recherche de ce que l'on appelle les "gains de productivité".
Economiser les facteurs de production, c'est pouvoir les utiliser pour produire davantage ou mieux. La recherche de la plus grande productivité possible est donc un moteur essentiel du fonctionnement économique. C'est grâce à l'augmentation considérable de la productivité, au cours du 20è siècle en particulier, que l'on a pu produire et consommer davantage.
A qui profitent les gains de productivité ? C'est une bonne et une vraie question. Mais la réponse n'est pas simple : les gains de productivité peuvent être utilisés de plusieurs façons en même temps, et c'est plus la proportion des différentes utilisations qui se modifie au cours du temps. Prenons un exemple : imaginons que dans une entreprise de montage d'ordinateurs, un seul salarié peut assembler 24 ordinateurs en 8 heures de travail alors qu'auparavant il n'en assemblait que 20 seulement. La productivité a augmenté de 4 ordinateurs, soit de 20%. Les gains de productivité, en grandeur physique, sont de 4 ordinateurs. Que fait l'entreprise de ces "gains" ?
L'entreprise peut décider de fabriquer effectivement ces 4 ordinateurs supplémentaires, donc d'augmenter sa production. Elle vendra ensuite ces 4 ordinateurs. A quel prix ?
Si c'est au même prix qu'avant, elle fera plus de recettes et augmentera sa valeur ajoutée. Comment cette valeur ajoutée supplémentaire sera-t-elle partagée entre les apporteurs de capital et les apporteurs de travail ? Toutes les solutions sont possibles : tout pour les salariés, tout pour les propriétaires de l'entreprise, ou un peu pour les deux (mais dans quelle proportion ? tout est possible), ce qui est souvent le cas.
Mais l'entreprise peut aussi diminuer son prix de vente car, d'abord, elle doit vendre davantage d'ordinateurs qu'avant puisqu'elle en fabrique plus, et ensuite, elle peut le faire car chaque ordinateur revient moins cher à produire (le coût du salarié est réparti sur 24 ordinateurs au lieu d'être réparti sur 20 ordinateurs). Dans ce cas, le pouvoir d'achat de ceux qui touchent des revenus (les salariés, par exemple) va augmenter, ce qui aboutit donc à la même chose que la hausse directe des salaires (à condition toutefois que les produits ne soient pas destinés uniquement à l'exportation).
L'entreprise peut décider de ne pas fabriquer ces 4 ordinateurs supplémentaires (parce qu'elle pense qu'elle ne pourra pas les vendre, par exemple). Dans ce cas, elle peut diminuer le temps de travail.
Finalement, les gains de productivité peuvent permettre d'augmenter la production (mais pas toujours), d'augmenter les salaires (mais pas toujours ...), d'augmenter les profits (presque toujours ....), de diminuer les prix (et donc d'augmenter le pouvoir d'achat) et de diminuer le temps de travail. Ce sont des possibilités et il faut donc étudier à chaque période, pour chaque pays, comment sont utilisés les gains de productivité. Et les enjeux sont très importants sur le plan économique et social : une part un peu plus grande pour les profits peut permettre de financer plus facilement des investissements, des gains de productivité importants peuvent permettre de diminuer le temps de travail sans diminuer les salaires, etc.
La productivité du travail, comme celle du capital, ont en général tendance à s'accroître. C'est le progrès technique qui permet d'augmenter la productivité, en particulier grâce aux nouveaux procédés de production (pensez aux machines à commande numérique, par exemple), aux nouveaux produits (les plastiques, par exemple) ou aux nouveaux modes d'organisation du travail (le travail à la chaîne, par exemple).
Cependant, aujourd'hui, on a de plus en plus de mal à mesurer les progrès de la productivité : la production est de plus en plus immatérielle (la part des services atteint souvent 70% de la production) et il est très difficile de mesurer les progrès réalisés dans la production de services, en particulier quand ce n'est pas leur quantité qui augmente mais leur qualité. Or augmenter la qualité est un réel progrès. On peut donc avoir l'impression que les gains de productivité se ralentissent, c'est-à -dire que la productivité augmente moins vite qu'avant. C'est vrai dans les chiffres depuis les années 1970. Mais est-ce vrai dans la réalité ? C'est beaucoup plus difficile à dire.
Indicateurs 0[0]
La productivité est elle-même un indicateur. Comment la mesure-t-on ?
La productivité peut se mesurer en grandeurs physiques : au numérateur, la production sera mesurée par le nombre d'unités fabriquées (nombre de Twingo fabriquées par mois dans l'usine Renault) ; au dénominateur, le travail sera mesuré par le nombre d'heures travaillées dans le mois multiplié par le nombre de travailleurs de l'usine. On aura un résultat du genre : en une heure de travail, on fabrique 1/1000è de Twingo chez Renault (chiffre inventé, évidemment !). Autre exemple, la SNCF calcule la productivité de ses cheminots en divisant le nombre de personnes transportées dans l'année par le nombre de cheminots.
Souvent la productivité du travail se mesure "en valeur" : cela signifie que pour mesurer la production, on utilise la valeur ajoutée (calculée en soustrayant du montant des ventes le montant des consommations intermédiaires). On compare alors cette valeur ajoutée (en euros, par exemple) à la quantité de travail utilisée.
La productivité horaire du travail est la quantité produite en une heure de travail. La productivité moyenne (ou par tête) du travail est la quantité produite par travailleur. La première est plus significative que la seconde : en effet, si le temps de travail est plus long dans l'entreprise A que dans l'entreprise B et la production et le nombre de travailleurs les mêmes, A et B auront la même productivité par tête, mais B a une productivité horaire supérieure à celle de A.
Remarque : la plupart du temps, vous ne trouverez pas de statistiques sur la productivité elle-même. Vous trouverez la croissance de la productivité ou, dit autrement, les gains de productivité. Dans ce cas, vous aurez des taux de croissance et vous saurez que dans tel pays, entre telle date et telle date, la productivité a augmenté de x%.
Erreurs Fréquentes 0[0]
Parce que la notion de productivité est au coeur de beaucoup de raisonnements économiques, parce que la productivité ne se voit pas, ne se touche pas, parce que on parle plus souvent des gains de productivité que de la productivité elle-même, la notion de productivité est une source de difficultés pour les élèves.
Ne pas confondre productivité et gains de productivité : le niveau de la productivité est rarement donné. La plupart du temps, on parle de la croissance de la productivité, c'est-à -dire des gains de productivité. La productivité se donne par heure de travail ou par personne employée. Sa croissance se donne par un taux de croissance en %. Et quand le taux de croissance passe de 3% par an à 2%, en aucun cas on ne peut dire que la productivité diminue (elle augmente de 2% !). On doit dire que la croissance de la productivité se ralentit.
Ne pas confondre productivité et rentabilité : quand on parle productivité, on parle production et quantité de facteurs de production utilisée pour produire ; quand on parle rentabilité, on parle profits (combien l'activité de production a rapporté aux propriétaires de l'entreprise). Ce sont deux choses différentes, même si elles ne sont pas complètement sans lien. Ainsi si la productivité s'élève rapidement, on peut penser que les profits font de même. Cependant, il existe des activités très rentables alors même que la productivité y est relativement faible (pensez à certaines activités dans les pays en développement).
Ne pas confondre productivité et compétitivité : une entreprise peut avoir une productivité en hausse et d'un niveau relativement élevé sans être forcément très compétitive. La compétitivité est la capacité à conserver et à gagner des parts de marché. Celle-ci dépend du prix de vente et des qualités du produit vendu. Si le prix de vente est élevé (par exemple à cause d'un coût salarial élevé), la compétitivité du produit peut être médiocre alors même que la productivité de l'entreprise est élevée. Cependant une productivité élevée est un atout du point de vue de la compétitivité. Mais ce n'est pas le seul.
BRISES
Pt et emploi
À court terme
• À 1ère vue, le progrès technique a un effet négatif sur l’emploi car il élève la productivité du travail, ce qui réduit les besoins en main-d’œuvre (toutes choses égales par ailleurs, c’est-à-dire à durée du travail et à production inchangées). Évidemment, cette conséquence disparaît si on profite de la hausse de la productivité pour diminuer le temps de travail : le progrès technique est alors neutre face au niveau de l’emploi.
• Le progrès technique détruit des emplois par un autre mécanisme : pour bénéficier du progrès technique incorporé au capital, les entreprises sont amenées à investir, à substituer du capital au travail (d’où une hausse du chômage).
• Notons encore qu’en modifiant la structure des qualifications et des métiers, le progrès technique crée du chômage technologique (lié au désajustement entre qualification des actifs et qualification des emplois), mais aussi du chômage frictionnel (lié au délai de mobilité géographique ou professionnelle de la population active).
À long terme
• Le progrès technique crée du chômage structurel, éloignant durablement de l’emploi ceux qui n’ont pas les qualifications requises et qui n’ont pas pu s’adapter.
• Pourtant, le progrès technique crée aussi des emplois. Alfred Sauvy montre que les emplois détruits par certaines branches sont compensés par des créations d’emplois ailleurs (théorie du déversement).
• D’autre part, le progrès technique stimule la demande de biens et de services (commercialisation de nouveaux produits, effets de la hausse de la productivité qui permet la hausse des salaires et la baisse des prix via la baisse des coûts), ce qui augmente la demande de travail.
• Enfin, le progrès technique génère des profits qui sont selon H. Schmidt (chancelier allemand de 1974 à 1982) "les investissements de demain et les emplois d’après-demain".
• Ajoutons que, comme le progrès technique est un facteur de croissance, il est aussi favorable à l’emploi.
Le progrès technique a aussi des effets qualitatifs
À court terme
• Le progrès technique modifie le niveau des qualifications, à la baisse (ce fut le cas du taylorisme et du fordisme) ou à la hausse (nouvelles technologies, polyvalence du toyotisme).
• Il modifie aussi les conditions de travail, en les améliorant : élimination des tâches les plus pénibles ou dangereuses (ateliers de peinture dans l’industrie automobile…).
• Le progrès technique peut dégrader les conditions de travail :
– l’amortissement d’un capital sophistiqué et coûteux exige en effet plus de flexibilité dans les horaires de travail, le recours au travail de nuit…
– l’informatique augmente la standardisation des tâches et les possibilités de contrôle du travailleur par sa hiérarchie, d’où un sentiment de perte d’autonomie.
À long terme
• Les modifications de la répartition sectorielle et socioprofessionnelle de la population active résultent du progrès technique puisqu’elles découlent à la fois de différences de gains de productivité et de variations de la demande d’un secteur à l’autre. Le progrès technique implique donc un effort de formation tout au long de la vie active, une capacité d’adaptation et une plus grande mobilité professionnelle.
• Le progrès technique peut aussi, à long terme, modifier considérablement nos emplois du temps et nos modes de vie, par l’abaissement de la durée du travail. C’est toute la signification sociale du travail dans nos sociétés qui serait alors remise en cause.
Question de synthèse
Les chiffres les plus récents du chômage montrent qu'il existerait une dégradation sur le marché du travail. Le taux de chômage reste très élevé et concerne au moins de 10 % de la population active, même si le volume de l'emploi évolue peu. Dans le même temps, la productivité du travail par actif poursuit un ralentissement amorcé dans les années 1970. L'ensemble des branches de l'économie française est concerné, avec des différences néanmoins selon les secteurs.
L'augmentation des gains de productivité présente des effets ambigus sur l'emploi en fonction de l'horizon temporel retenu. Alors qu'ils peuvent détruire l'emploi à court terme, la perspective historique à long terme nous montre que, loin de se contracter, le volume de l'emploi augmente, y compris depuis les années 1970. Comment expliquer cette relation positive et quelles sont les incidences sur le type d'emplois ?
Nous montrerons dans un premier temps les mécanismes macroéconomiques liant productivité et emploi. Dans un second temps, nous analyserons les effets sur la nature des emplois créés.
I. La hausse de la productivité du travail peut favoriser la création d'emplois
Les gains de productivité ont des effets positifs sur le volume de l'emploi. Les canaux de diffusion de ces effets sont multipliés, ils affectent tant l'offre que la demande. Ces effets positifs à terme supposent néanmoins des conditions précises.
1. Des effets positifs sur l'offre
a) La hausse des gains de productivité permet à une entreprise de produire plus de richesses à moindre coût. Il s'agit de produire plus vite autant ou plus de biens et services, ou alors de réduire le facteur travail utilisé. Les conséquences sont immédiates : en réalisant des économies d'échelle, le prix des biens et services diminue. La compétitivité prix interne ou externe des produits nationaux progresse. Les entreprises gagnent des parts de marché, le solde du commerce extérieur s'améliore. Les exportations progressent et les importations sont contenues. Globalement, la production augmente, ce qui dynamise la création d'emplois (question 1).
b) Dans le même temps, la hausse de la richesse créée par actif permet d'augmenter la part qui revient au profit. Les entreprises disposent de moyens supplémentaires pour investir (notamment par autofinancement) ou pour financer la recherche. Il y a introduction du progrès technique, la productivité du travail progresse parce que la qualification et la rentabilité de la main-d'œuvre sont plus élevées. Les entreprises gagnent de la compétitivité hors prix par des produits plus qualitatifs. L'emploi progresse.
2. Des effets positifs sur la demande
a) La hausse des gains de productivité peut aussi se répercuter sur le niveau de la masse salariale distribuée aux actifs occupés. Lorsque le salaire nominal augmente plus vite que l'inflation ou lorsque les prix diminuent (voir 1.), le niveau du pouvoir d'achat augmente. Les ménages disposent d'une capacité de dépenses plus élevée qui peut accroître le niveau de la consommation. Cette hausse dynamise alors l'investissement dans une relation d'accélération. Production et consommation de masse se complètent pour tirer la croissance et renforcer la création d'emplois. Ce mécanisme a notamment permis d'assurer le plein emploi pendant les Trente Glorieuses.
b) De même, lorsque la croissance progresse, les recettes fiscales de l'État augmentent. Les dépenses publiques sont alors plus élevées. Cela peut dynamiser la création d'emplois publics, favoriser la commande publique et les travaux d'infrastructures. L'injection de liquidités dans le circuit économique renforce l'effet multiplicateur de l'investissement et participe de la création d'emplois privés.
3. Les conditions nouvelles aujourd'hui
a) Les gains de productivité génèrent à terme de l'emploi mais on assiste à un déversement d'emplois entre secteurs. Pour que la relation productivité emploi soit vérifiée, il faut que la hausse de la demande effective (et donc de la production) soit supérieure à la hausse de la productivité. Dans ce cas, l'emploi progresse. Dans le cas contraire, les gains de productivité se traduisent par une destruction d'emplois à court ou moyen terme.
b) Il existe donc deux modèles de croissance plus ou moins intensive (questions 2 et 3), variables selon les secteurs économiques. Cela explique que le secteur secondaire est plutôt destructeur d'emplois depuis 30 ans (modèle de croissance intensive) alors que l'emploi progresse encore dans les services marchands (question 3).
c) Le modèle de compensation entre secteurs évoqué par Sauvy semble ainsi vérifié sur un long terme même si de nouvelles contraintes apparaissent depuis 30 ans et en ralentissent les effets bénéfiques : la concurrence mondiale impose par exemple une pression accrue sur les salaires, ce qui limite la distribution de pouvoir d'achat et le déversement par la consommation. De même, la concurrence par la recherche de compétitivité prix impose une répartition de ces gains vers la baisse des prix à l'exportation, ce qui en limite d'autant l'impact positif sur l'emploi.
Cette relation fondamentale de l'économie qui montre les effets quantitatifs de la productivité sur l'emploi peut aussi nous amener à réfléchir sur les effets qualitatifs de ce déversement.
II. Les effets de la hausse de la productivité du travail sur la nature des emplois créés
On démontrera que les mutations industrielles actuelles modifient la nature et le contenu du travail mais que la hausse des qualifications n'est pas généralisée.
1. Un travail qui change de nature…
a) Les normes actuelles en matière d'organisation du travail vont s'appuyer sur de nouvelles exigences qui modifient le contenu du travail. Alors que l'organisation tayloro-fordiste mettait en valeur une division horizontale et verticale du travail déqualifiante, l'organisation néo-taylorienne actuelle s'appuie sur des compétences nouvelles à tous les échelons de la production. Le salarié doit être plus polyvalent, flexible, capable de s'adapter, d'anticiper ou de résoudre les problèmes qui surviendraient sur l'outil de production. L'ouvrier n'est plus simplement un « ouvrier spécialisé » mais il est aussi un opérateur travaillant de plus en plus sur de l'immatériel. Le contact avec l'objet s'éloigne et les exigences de formation initiale se sont accrues. Le niveau de diplômes de l'ensemble du salariat progresse.
b) L'appareil productif plus ouvert sur l'extérieur doit aussi se recentrer sur des productions moins intenses en travail non qualifié. En effet, la concurrence des pays à faible coût salarial frappe durement les régions d'industrialisation ancienne. À l'inverse, les industries dont la production est plus capitalistique se développent, incorporant alors plus de compétitivité hors prix et s'appuyant sur l'innovation et un salariat plus qualifié. De même, les exigences de savoir et de capital humain progressent dans la société. On constate ainsi que le nombre de cadres supérieurs, d'ingénieurs, de salariés de l'informatique ou de professeurs augmente régulièrement (question 6).
2. … mais qui n'a pas fait disparaître l'emploi non qualifié
a) La répartition de l'emploi depuis 20 ans nous montre qu'il y a une recomposition réelle des métiers exercés. Celle-ci remet en cause la vision héritée de la société industrielle dans laquelle le salariat masculin ouvrier était dominant. On constate par exemple que chez les hommes, le nombre d'ouvriers ou d'employés de la restauration et de l'entretien dans le secteur tertiaire progresse fortement. De même, pour les femmes, on remarque que de nombreux métiers ont contribué à la féminisation de la population active qui touche 80 % des femmes âgées de 25 à 49 ans. Ces métiers s'inscrivent néanmoins dans le prolongement des « fonctions traditionnelles » des femmes au foyer avec la prise en charge de l'enfance, de la santé, des personnes âgées, ou alors le commerce (question 6). La hausse de l'emploi non qualifié est donc réelle, centrée surtout sur le travail féminin et dans le secteur tertiaire. Cet emploi reste souvent précaire et mal rémunéré.
b) Ces modifications illustrent la théorie évoquée dans la première partie. La hausse des gains de productivité, combinée à l'ouverture économique mondiale, permet une libération de pouvoir d'achat dans l'économie. Celle-ci favorise un déplacement de consommation vers le secteur tertiaire (loi d'Engel). Certaines fonctions anciennes, réalisées dans le cadre familial, sont marchandisées ou solvabilisées par l'intervention des pouvoirs publics aujourd'hui. L'emploi poursuit ainsi son développement même si la société connaît des difficultés pour en proposer un à chaque citoyen.
Les liens entre productivité et emplois sont complexes. L'histoire économique démontre qu'à long terme la hausse de la productivité du travail a toujours été associée à la prospérité économique en permettant un essor du volume de l'emploi. De même, la nature de l'emploi s'est modifiée même si on assiste à des changements plus brutaux aujourd'hui.
La société peine néanmoins à retrouver ses repères dans un monde qui évolue très vite, dans lequel tout est possible. Cette organisation est capable de générer à la fois une forte progression des richesses mais aussi une hausse marquée de la pauvreté. Cette contradiction reste alors porteuse de tensions qu'il convient de ne pas sous-estimer.
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