Pouvez-vous me corriger l'introduction et la conclusion de la préface de Beaumarchais s'il vous plaît ?
sophiedu33700 a écrit:Beaumarchais, Extrait de préface, Le Mariage de Figaro,1784
Ainsi, dans cet ouvrage chaque rôle important a quelque but moral. Le seul qui semble y déroger est le rôle de Marceline.
Coupable d'un ancien égarement dont son Figaro fut le fruit, elle devrait, dit-on, se voir au moins punie par la confusion de sa faute lorsqu'elle reconnaît son fils. L'auteur eût pu même en tirer une moralité plus profonde: dans les moeurs qu'il veut corriger, la faute d'une jeune fille séduite est celle des hommes et non la sienne. Pourquoi donc ne l'a-t-il pas fait?
Il l'a fait, censeurs raisonnables! étudiez la scène suivante qui fesait le nerf du troisième acte, et que les comédiens m'ont prié de retrancher, craignant qu'un morceau si sévère n'obscurcît la gaieté de l'action.
Quand Molière a bien humilié la coquette ou coquine du Misanthrope, par la lecture publique de ses lettres à tous ses amans, il la laisse avilie sous les coups qu'il lui a portés; il a raison; qu'en ferait-il? vicieuse par goût et par choix, veuve aguerrie, femme de cour, sans aucune excuse d'erreur, et fléau d'un fort honnête homme, il l'abandonne à nos mépris, et telle est sa moralité. Quant à moi, saisissant l'aveu naïf de Marceline, au moment de la reconnaissance, je montrais cette femme humiliée, et Bartholo qui la refuse, et Figaro, leur fils commun, dirigeant l'attention publique sur les vrais fauteurs du désordre où l'on entraîne sans pitié toutes les jeunes filles du peuple, douées d'une jolie figure.
Telle est la marche de la scène.
brid'oison.
(Parlant de Figaro qui vient de reconnaître sa mère en Marceline.)
C'est clair; i-il ne l'épousera pas.
bartholo.
Ni moi non plus.
marceline.
Ni vous! et votre fils? vous m'aviez juré....
bartholo.
J'étais fou. Si pareils souvenirs engageaient, on serait tenu d'épouser tout le monde.
brid'oison.
E-et, si l'on y regardait de si près, per-ersonne n'épouserait personne.
bartholo.
Des fautes si connues! une jeunesse déplorable!
marceline, s'échauffant par degrés.
Oui, déplorable, et plus qu'on ne croit! je n'entends pas nier mes fautes; ce jour les a trop bien prouvées! mais qu'il est dur de les expier après trente ans d'une vie modeste! j'étais née, moi, pour être sage, et je la suis devenue sitôt qu'on m'a permis d'user de ma raison. Mais dans l'âge des illusions, de l'inexpérience et des besoins, où les séducteurs nous assiégent, pendant que la misère nous poignarde, que peut opposer une enfant à tant d'ennemis rassemblés? Tel nous juge ici sévèrement, qui, peut-être, en sa vie a perdu dix infortunées!
figaro.
Les plus coupables sont les moins généreux; c'est la règle.
marceline, vivement.
Hommes plus qu'ingrats, qui flétrissez par le mépris les jouets de vos passions, vos victimes! c'est vous qu'il faut punir des erreurs de notre jeunesse; vous et vos magistrats, si vains du droit de nous juger, et qui nous laissent enlever, par leur coupable négligence, tout honnête moyen de subsister. Est-il un seul état pour les malheureuses filles? Elles avaient un droit naturel à toute la parure des femmes: on y laisse former mille ouvriers de l'autre sexe.
figaro, en colère.
Ils font broder jusqu'aux soldats!
marceline exaltée.
Dans les rangs mêmes plus élevés, les femmes n'obtiennent de vous qu'une considération dérisoire; leurrées de respects apparens, dans une servitude réelle; traitées en mineures pour nos biens, punies en majeures pour nos fautes? ah! sous tous les aspects, votre conduite avec nous fait horreur ou pitié!
figaro.
Elle a raison!
le comte, à part.
Que trop raison!
brid'oison.
Elle a, mon-on Dieu, raison.
marceline.
Mais que nous font, mon fils, les refus d'un homme injuste? ne regarde pas d'où tu viens, vois où tu vas; cela seul importe à chacun. Dans quelques mois ta fiancée ne dépendra plus que d'elle-même; elle t'acceptera, j'en réponds; vis entre une épouse, une mère tendres, qui te chériront à qui mieux mieux. Sois indulgent pour elles, heureux pour toi, mon fils; gai, libre, et bon pour tout le monde; il ne manquera rien à ta mère.
figaro.
Tu parles d'or, maman, et je me tiens à ton avis. Qu'on est sot en effet! il y a des mille mille ans que le monde roule; et dans cet océan de durée où j'ai par hasard attrapé quelques chétifs trente ans qui ne reviendront plus, j'irais me tourmenter pour savoir à qui je les dois! tant pis pour qui s'en inquiéte. Passer ainsi la vie à chamailler, c'est peser sur le collier sans relâche, comme les malheureux chevaux de la remonte des fleuves, qui ne reposent pas, même quand ils s'arrêtent, et qui tirent toujours quoiqu'ils cessent de marcher. Nous attendrons.
J'ai bien regretté ce morceau; et maintenant que la pièce est connue, si les comédiens avaient le courage de le restituer à ma prière, je pense que le public leur en saurait beaucoup de gré. Ils n'auraient plus même à répondre comme je fus forcé de le faire à certains censeurs du beau monde, qui me reprochaient à la lecture de les intéresser pour une femme de mauvaises moeurs.—Non, Messieurs, je n'en parle pas pour excuser ses moeurs, mais pour vous faire rougir des vôtres sur le point le plus destructeur de toute honnêteté publique; la corruption des jeunes personnes; et j'avais raison de le dire, que vous trouvez ma pièce trop gaie, parce qu'elle est souvent trop sévère. Il n'y a que façon de s'entendre.
Plan :
I. Un but moral : la dénonciation de sort des filles mères
a) incarné par le personnage de Marceline
b) Un dis cours revendiqué par beaumarchais
II. Défense et illustration du genre dramatique sérieux
a) une réponses aux critique
b) la preuve par l'exemple
Beaumarchais est un dramaturge français qui publia une trilogie de préface de théâtre, autour du personnage Figaro dont le mariage du figaro en 1784. L’intrigue est la suivante, Figaro veut épouser la femme de chambre de la comtesse. L’extrait que nous allons étudier est la préface de Beaumarchais, au moment de la publication. Il intègre un extrait de sa pièce, qui n’est pas joué par les comédiens. Il met en scène Marceline , alors qu’elle voulait épouser Figaro, se rend compte qu’il est le fils qu’elle avait eu avec Bartholo et qu’ils avaient auparavant abandonner. Nous pouvons nous interroger en quoi ce texte est-il une attaque est une défense ?Pour cela nous allons voir, dans un premier temps la questions du but moral et dans un second temps Beaumarchais qui se défend et illustre le genre dramatique.
Pour conclure, Beaumarchais dénonce la corruption des jeunes personnes, qui a pour but moral selon lui. Il met en avant Marceline qui défend la thèse prodiguait par Beaumarchais. Il impose ses nouvelles conceptions théâtrales. Toutefois, Beaumarchais se défend des critiques, des censeurs et tente d’illustrer du genre dramatique sérieux. L’immoralité est au centre du débat. Il expose ses objectifs pour prouver que sa pièce est morale. Nous pouvons comparer cette œuvre au misanthrope. Beaumarchais évoque cette œuvre dans sa préface
Je vous remercie d'avance.