Bonjour,
Mon professeur à l'art, pour ainsi dire, de mettre des lectures à côté des grandes lectures ou avec.
C'est à dire, on a Candide chapitre 30 avec la philosophie du jardin, mais aussi la rencontre avec le vieillard...
De même, si on a la mort d'Emma Bovary, on a aussi la mort de son mari Charles.
Voici l'extrait en question:
Un jour qu'il était allé au marché d'Argueil pour y vendre son cheval, -dernière ressource, - il rencontra Rodolphe.
Ils pâlirent en s'apercevant. Rodolphe, qui avait seulement envoyé sa carte, balbutia d'abord quelques excuses, puis s'enhardit et même poussa l'aplomb (il faisait très chaud, on était au moins d'août) jusqu'à l'inviter à prendre une bouteille de bière au cabaret.
Accoudé en face de lui, il mâcha son cigare en causant, et Charles se perdait en rêveries devant cette figure qu'elle avait tant aimée. Il lui semblait revoir quelque chose d'elle. C'était un émerveillement. Il aurait voulu être cet homme.
L'autre continuait à parler culture, bestiaux, engrais, bouchant avec des phrases banales tous les interstices où pouvait se gilsser une allusion. Charles ne l'écoutait pas ; Rodolphe s'en apercevait, et il suivait la mobilité de sa figure le passage des souvenirs. Elle s'empourprait peu à peu, les narines battaient vite, les lèvres frémissaient ; et il y eu mêmeun instant où Charles, plein d'une fureur sombre fixa les yeux contre Rodolphe qui, dans une sorte d'effroi, s'interrompit. Mais bientôt la même lassitude funèbre réapparut sur son visage.
- Je ne vous en veut pas, dit-il
Rodolphe était resté muet. Et Charles, la tête dans ses deux mains, reprit d'un voix éteinte et avec l'accent resigné des douleurs infinies :
- Non, je ne vous en veux plus !
Il ajouta même d'un grand mot, le seul qui ai jamais dit :
- C'est la faute de la fatalité !
Rodolphe, qui avait conduit cette fatalité, le trouva bien débonnaire pour un homme dans sa situation, comique même, et un peu vil.
Le lendemain, Charles alla s'asseoir sur le banc, dans la tonnelle. Des jours passaient par le treillis ; les feuilles de vigne dessinaient leurs ombres sur le sable, le jasmin embaumait, le ciel était bleu, des cantharides bourdonnaient autour des lis en fleur, et Charles suffoquait comme un adolescent sous les vagues effluves amoureux qui gonflaient son coeur chagrin.
A sept heures, la petite Berthe, qui ne l'avait pas vu de toute l'après-midi, vint le chercher pour dîner.
Il avait la tête renversée contre le mur, les yeux clos, la bouche ouverte, et tenait dans ses mains une longue mèche de cheveux noirs.
– Papa, viens donc ! dit-elle.
Et, croyant qu'il voulait jouer, elle le poussa doucement. Il tomba par terre. Il était mort.
Trente-six heures après, sur la demande de l'apothicaire, M. Canivet accourut. Il l'ouvrit et ne trouva rien.
Quand tout fut vendu, il resta douze francs soixante et quinze centimes qui servirent à payer le voyage de mademoiselle Bovary chez sa grand-mère. La bonne femme mourut dans l'année même ; le père Rouault étant paralysé, ce fut une tante qui s'en chargea. Elle est pauvre et l'envoie, pour gagner sa vie, dans une filature de coton. Depuis la mort de Bovary, trois médecins se sont succédé à Yonville sans pouvoir y réussir, tant M. Homais les a tout de suite battus en brèche. Il fait une clientèle d'enfer ; l'autorité le ménage et l'opinion publique le protège.
Il vient de recevoir la croix d'honneur
Pouvez-vous m'aider s'il vous plait? :)
Voici un début de plan:
Définition excipit : sortie du récit
Analyse linéaire
I. LA DISPARITION DISCRÈTE DE CHARLES
# du suicide dramatique d’Emmapersonnage silencieux + ellipse du récit au moment de la mort.
La description autour de Charles : le centrer à nouveau comme personnage principal > registre
lyrique accentué par la tristesse de Charles “suffoquait”, “gonflaient son coeur de chagrin”
moment d’abandon
retour à l’incipit “comme un adolescent” + retour à son amour pour Emma “vagues effluves
amoureux” + “longue mèche de cheveux noirs”> une sorte de bilan retrospectif
Effet pathétique grâce à l’ellipse : entrée en scène de Berthe > la mort vue par l’enfant
“comme endormi” + idée du jeu
tendresse : “poussa doucement”
deux phrases courtes pour terminer la méprise > rupture avec le pathos
“ne trouva rien” : le personnage ouvert, vide = insignifiance de cet anti-héros, rapport extradiégétique (cf. goût d’encre d’Emma)
II. LE TRIOMPHE DE LA SOCIÉTÉ BOURGEOISE
Entrée en scène de Homais qui vient rompre le schéma romanesque : le récit ne se termine pas
sur la mort des héros > la société incarnée par Homais se poursuit au-delà de Charles et Emma
qui n’ont jamais su s’y adapter
Deux paragraphes : la ruine de la famille Bovary # la réussite flagrante de Homais
liquidation des biens des Bovary : somme dérisoire # “clientèle d’enfer” > visi ironique et cruelle
mise en valeur du rôle de l’argent : les dettes d’Emma, Berthe obligée de travailler à l’usine #
Homais sans scrupule qui construit sa fortune en s’emparant de la clientèle des successeurs de
Charles
“l’autorité + l’opinion publique” : Homais = incarnation de la société bourgeoise avec l’argent, le
pouvoir et la popularité
+ utilisation du vocabulaire de Homais “battus en brèche” + “clientèle d’enfer” > le récit devient
celui de Homais
dernière phrase : brièveté pour mise en avant > triomphe consacré par l’Etat même
l’utilisation du présent : le temps du récit = caractère instantané et contemporain > la réalité
avec médiocrité et injustices
récit se clôt sur objet symbole du triomphe de la bêtise : vision cynique et désenchantée.
(trouvé sur internet)
ou encore:
I°)La présence secrète d'Emma auprès de Charles
a) Reverie romantique de Charles
b) Charles "voit"Emma
c)Le Lyrisme
II°)Une fin faussement romantique pour Charles entre héroïsme et ridicule
a) Fatalité romantique de Charles
b)Mort de Charles (crise cardiaque = réalisme ou excès de sentimentalisme = romantisme)
c) Autopsie pratiquée sur le corps de Charles
III°) Le triomphe de la médiocrité
a) Portrait médiocre de Rodolphe
b) Portrait médiocre de Homais
c) Triomphe de homais = triomphe de la médiocrité
Mais je ne comprends pas comment Charles voit Emma...
Merci de m'expliquer...