[1ère] Commentaire sur Dom Juan

On doit cultiver notre jardin d'après Voltaire. Pourquoi?

[1ère] Commentaire sur Dom Juan

Messagepar xloovea le 22/02/2012 à 13:10

Bonjour ,
j'ai un commentaire à réaliser sur la fameuse pièce Dom Juan , Acte V , scènes 4,5 et 6
Mes deux axes sont : Montrer comment se déroule le dénouement
et L'originalité du dénouement.
J'aimerais si possible que l'on me corrige pour l'instant je n'ai fait que l'introduction, j'aimerais donc voir si je suis ' sur le bon chemin ' . Merci d'avance aux personnes qui prendront le temps de me répondre .

Voici mon introduction :
Jean-Baptiste Poquelin, mais plutôt surnommé Molière , est ne en 1622 dans la bourgeoisie parisienne et est décédé en 1673 à l'issue d'une de ses représentations Malade imaginaire .
Au long de sa vie Molière n'est jamais resté ancré à la même occupation. Jeune , il rompt avec son milieu pour se consacrer entièrement au théâtre, il fut donc comédien et metteur en scène. Molière s'investit et commence l'apprentissage du métier comme directeur d'une troupe itinérante, par la suite celui-ci devient dramaturge .Malgré le talent et la protection du roi, « Tartuffe » et « Dom Juan » sont interdites de représentation. Dom Juan ,est la pièce dont nous allons étudier le dénouement final , c'est une pièce de théâtre , dont le personnage principal Dom Juan est inspiré de personnes réelles et est aussi l'héros éponyme. Cette pièce a connu de réelles difficultés, elle a été interdite , et dut être réécrite d'une manière plus édulcorée.
Portons nous sur l'acte V , précisément sur les scènes 4,5 et 6 de cette pièce. Nous verrons, alors, dans un premier temps comment se déroule le dénouement , puis nous analyserons l'originalité de celui-ci .

Et désolé pour toutes les fautes d'orthographes éventuelles . Audrey .
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Re: [1ère] Commentaire sur Dom Juan

Messagepar oumala le 22/02/2012 à 13:47

Jean-Baptiste Poquelin, mais plutôt surnommé Molière , est ne en 1622 dans la bourgeoisie parisienne et est décédé en 1673 à l'issue d'une de ses représentations Malade imaginaire .
Au long de sa vie Molière n'est jamais resté ancré à la même occupation. Jeune , il rompt avec son milieu pour se consacrer entièrement au théâtre, il fut donc comédien et metteur en scène. Molière s'investit et commence l'apprentissage du métier comme directeur d'une troupe itinérante, par la suite celui-ci devient dramaturge .
Malgré le talent et la protection du roi, « Tartuffe » et « Dom Juan » sont interdites de représentation.
Molière écrit Dom Juan peu après l'interdiction de Tartuffe. La pièce est jouée pour la première fois le 15 février 1665 et remporte un succès immédiat. Cette pièce a cependant connu de réelles difficultés et a été interdite après quinze représentations, puis réécrite d'une manière plus édulcorée.
Nous allons étudier le dénouement final , c'est une pièce de théâtre , dont le personnage principal Dom Juan est inspiré de personnes réelles et est aussi le héros éponyme. [ici dire un peu de quoi il s'agit...]
Portons nous sur l'acte V , précisément sur les scènes 4,5 et 6 de cette pièce. Nous verrons, alors, dans un premier temps comment se déroule le dénouement , puis nous analyserons l'originalité de celui-ci .


il ne faut pas remonter au déluge dans l'introduction, ni raconter la vie de Molière que tout le monde connaît, surtout ton correcteur.
C'est pourquoi, j'ai barré le début de ton introduction, trop long.
Par contre il faut situer le passage à étudier dans l'oeuvre, pour qu'on sache où on en est et de quoi il retourne.
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Re: [1ère] Commentaire sur Dom Juan

Messagepar didascalie le 22/02/2012 à 14:01

Bonjour xloovea,

Je corrige ceci :

"Nous allons étudier le dénouement final , c'est une pièce de théâtre , dont le personnage principal Dom Juan est inspiré de personnes réelles et est aussi le héros éponyme. [ici dire un peu de quoi il s'agit...]
Portons nous sur l'acte V , précisément sur les scènes 4,5 et 6 de cette pièce. Nous verrons, alors, dans un premier temps comment se déroule le dénouement , puis nous analyserons l'originalité de celui-ci . "

1/ C'est sûr qu'un dénouement est final !!! Supprime l'adjectif.
2/ Inutile de répéter que c'est une pièce de théâtre, tu viens de le dire dans ton intro.
3/ "Portons-nous" est incorrect => Intéressons-nous à l'acte V et plus précisément aux scènes 4, 5 et 6. Supprime "de cette pièce".
4/ "Nous verrons" est lourd => Dans un premier temps, nous analyserons la progression du dénouement (déroule/dénouement sonne mal) et, dans un second temps, l'originalité de celui-ci.

A+
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Re: [1ère] Commentaire sur Dom Juan

Messagepar pierrette55 le 22/02/2012 à 17:38

sur le plan théatral, ce dénouement sacrifie à des exigences de son temps: réalisant les critères de réussite du dénouement (très rapide, complet et nécessaire)

a : la rapidité: ici la rapidité est accélération vertigineuse. Ce dénouement, à tous les sens du terme, est foudroyant. C'est un ballet étourdissant d'entrées et de sorties, qui laisse finalement Sganarelle seul sur scène : on assiste à une entrée et à une sortie éclair (dernier avertissement de la femme voilée) puis à une entrée terrible suivie de deux disparitions fulgurantes dans les profondeurs ( la Statue entrainant Dom Juan en enfer). Des signes visuels et sonores amplifiées ( tonnerre, éclair, feu d'artifice, abime) souligant ce coup de théatre et cette accélération très spectaculaire.

b : l'eshaustivité : le critère semble satisfait ici - ce que récapitule la dernière tirade de Sganarelle : Dom Juan a eu ce qu'il méritait et tout le monde est vengé. le sort de chacun est réglé et le héros trouve un châtiment exemplaire. Une exception cependant : le valet lui-même, qui n'a pas reçu ce qui lui était dû ("mes gages") Dans la comédie traditionnelle, le règlement final du sort de chacun se lit par la présence de tous sur scène à la fin. Or, ici paradoxalement, il n'y a plus qu'un personnage su scène - Sganarelle - et c'est le personnage qui n'aurait pas obtenu son dû.

c: la nécessité : le crescendo de menaces puis leur exécution traduisent une logique implacable, celle du châtiment : la présence de plus en plus menaçante, mobile et éloquente de la statue de pierre manifeste cette progression inéluctable de la mort. La fin de la pièce constitue elle-même une gradation d'avertissements que le héros refuse d'entendre (Sganarelle, puis la présence plus inquiétante d'une femme voilée, enfin celle de la Statue).

Les trois scènes, rapides, complètes et nécessaires, sont simultanément chaotiques et arbitraires dans leur recherche de l'"effet" finale. On assiste ainsi à une série de duos, de plus en plus terribles, Dom Juan et Sganarelle, Dom Juan et le Spectre, Dom Juan et la Statue.

C'est un dénouement spectaculaire. ce dénouement ne laisse pas d'étonner, pour trois raisons :

a: un fin atypique. une comédie se termine, en principe, par le mariage : c'est ici un curieux mariage que cette ultime rencontre avec une femme voilée, dans cette main donnée à la Statue qui entraine la mort violente. Dom juan est une comédie atypique qui ne se termine pas comme les autres comédies de Molière
Au rebours d'une justice distributive finale, gaie et légère, elle a des résonnances judiciaires graves et lourdes. C'est le réprouvé qui comparait devant la jusdtice divine, et qui est châtie de manière grandiose. Pourtant Molière a délibérément expédié ce dénouement.Tout ce passe comme s'il fallait y sacrifier.

b: l'allégement final, le rire veut reprendre en effet ses droits avec les derniers mots incongrues de Sganarelle. On ne peut laisser le public sdur l'émotion et il faut commenter le spectacle qui vient d'avoir lieu - ultime clin d'oeil au spectateur. Mais c'est une autre provocation encore que de déplrer un manque à gagner quand le surnaturel et la mort viennent de se manifester - curieux retour à des préoccupations bassement matérielles, mais qui porte une symbolique de l'oeuvre (jusqu'au bout, DOM jUAN est celui qui ne paie pas ses gages, qui ne veux pas honorer ses dettes, sauf ses dettes de'honneurs - Ici avec le Commandeur ; pour le reste, le passé n'existe plus).

c : le refus définitif. la mise en scène spectaculaire de la mort du héros montre un méchant puni, mais qui reste fidèle à lui-même et à sa révolte. Le romantislme fere de ce défi la gloire de Dom Juan, l'homme qui, jusqu'à la mort, entend dire "non" et refuse de se soumettre.

j'espère que vous pourrez en tirer quelque chose.
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Re: [1ère] Commentaire sur Dom Juan

Messagepar oumala le 22/02/2012 à 22:15

b : l'exhaustivité
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Re: [1ère] Commentaire sur Dom Juan

Messagepar xloovea le 22/02/2012 à 22:24

Merci à vous tous pour votre aide j'ai déjà corrigé pal mal de petits "trucs" , vos commentaires m'on bien aidé ! Je reviendrais pour le commentaire en entier , pour encore plus de conseils ! Audrey
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Re: [1ère] Commentaire sur Dom Juan

Messagepar xloovea le 24/02/2012 à 01:10

Bonsoir ,
J'ai avancé dans mon commentaire malheureusement je n'ai pas trouver de sous partie pour la partie A , celle-ci était lé cohérence du dénouement je me suis trompée , alors voici ce que j'ai fait , ceci serait ma première partie ( courte et un peu "désordonnée" je dirais ..)

:


Le dénouement de cette fameuse pièce , n'est pas écrit sans circonstances . Celui porte sur les dernières alertes , à l'accomplissement du châtiment . On constate une « dégradation », Scène 4 Molière utilise Sganarelle comme un dispositif plus ou moins tragique , transmettant les ultimes avertissements se graduant de plus en plus fort. Nous observons , le revêtement de Sganarelle , celui-ci s'oppose petit à petit à son maître, « quel diable de style prenez-vous la ? » dit-il. Sganarelle essaye de raisonné son maître tant bien que mal, mais Dom Juan toujours fidèle à lui même cherche à divertir et s'obstine comme à son habitude. Il ne veut rien savoir , ne croit pas à toutes ces alertes faites par Sganarelle , il s'enfonce pas à pas vers le châtiment tant attendu. Le dénouement s'accélère , nous arrivons à la prochaine scène ,celle où la statue apparaît . La statue du commandeur , se met elle aussi à avertir Dom Juan , il ne saisit pas sa chance , il joue la provocation , il accepte donc par défaut le défit du mort .Dom Juan est avertit et conscient mais reste ferme sur sa décision, sa dernière réplique portera sur sa volonté de vivre comme si rien ne s'était déroulé. Le dénouement s'amplifie encore et encore , on approche de la fin , plus précisément de la fin de Dom Juan . La mort n'aura pas échappée à celui-ci. Le crescendo des menaces puis leur exécution traduisent une fin infaillible: le châtiment. l'égocentrisme de celui-ci lui le tua . La sentence tombe , la statue accompliera le châtiment comme prévu .On assiste tout au long de la fin de cette pièce la gradation des menaces et des avertissements , que le héros refuse d'entendre .Ce dénouement est quand même assez ambigu , on assiste ainsi à une série de duos, de plus en plus terribles, Dom Juan et Sganarelle, Dom Juan et le Spectre, Dom Juan et la Statue. L'arrivée de la mort de Dom Juan fut progressive et rapide... Après voir analyser la cohérence de ce dénouement nous allons étudier l'originalité de celui-ci . Dans un premier temps , nous aborderons le côté « surnaturel » de celui-ci puis ..

Puis je ne sais pas quoi mettre comme deuxième sous partie pour le B ...

Je remercie d'avance ceux qui me répondront , Audrey .
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Re: [1ère] Commentaire sur Dom Juan

Messagepar pierrette55 le 24/02/2012 à 10:11

bonjour,
voici quelques élements

Quelles ambiguïtés recèle ce dénouement
surnaturel et spectaculaire ?

Retour au texte

Le dénouement est préparé tout au long de la pièce par de multiples avertissements ou
mises en garde prononcés à l’encontre de Dom Juan par les différents personnages, et que les
élèves auront facilement repérés. La conversion du libertin en faux dévot, réprouvée par
Sganarelle comme un « diable de style » (p. 115, l. 1) et une « dernière horreur » (l. 6-7), précipite
son châtiment. Cet épisode est en effet l’ultime péripétie qui rappelle bien sûr Tartuffe, et
suggère peut-être qu’aux yeux de Molière l’hypocrisie est plus condamnable que le libertinage.
Les diverses manifestations du surnaturel nécessitent le recours à l’illusion et à la
« machinerie » théâtrale en vogue au XVIIe siècle (p. 9) : métamorphose soudaine du spectre en
allégorie de la mort qui « s’envole » pour esquiver le coup d’épée, animation de la statue,
bruits de tonnerre, éclairs, engloutissement de Dom Juan suivi de « grands feux »… de Bengale
(p. 116).
Brièveté des trois scènes et des répliques, prédominance des effets spectaculaires sur les
discours, précipitation des événements dramatiques, détermination farouche du héros comme
de son adversaire surnaturel, concourent à l’intense effet de crescendo.
Interprétations

● Triomphe de la justice divine ou de la machinerie théâtrale ?
La représentation du surnaturel est une gageure auxquels les nombreux metteurs en
scène de Dom Juan, d’hier ou d’aujourd’hui, ont répondu de manière très diverse. Les élèves
pourront imaginer librement des choix possibles avant d’analyser quelques scénographies,
documents visuels à l’appui (voir le dossier images). On insistera sur la façon dont ces partis
pris influencent le sens donné au dénouement, selon que le châtiment surnaturel est pris au
sérieux, ou exhibé comme pure illusion théâtrale, tourné en dérision ou détourné vers d’autres
connotations et fantasmagories : le plancher qui s’effondre à la fin du film de Marcel Bluwal, le
corps de Dom Juan emporté par des CRS dans la mise en scène de Patrice Chéreau, ou bien
consumé, dans un lit, sous les caresses de suaves succubes dans le spectacle de Daniel
Mesguich, etc.
L’apparition du Spectre en « femme voilée » (p. 116) fait bien sûr songer à Elvire et, à travers
elle, à toutes les femmes séduites et bafouées par Dom Juan. Comme Elvire dans l’acte IV,
scène 6, mais sans les tendres supplications de celle-ci, le Spectre lance un dernier avertissement
au libertin, en vain. Forme propice aux métamorphoses, indéterminée (« spectre, fantôme
ou diable », p. 116, l. 9, « corps ou esprit », l. 17 s’interroge Dom Juan décontenancé),
insaisissable, le spectre immatériel contraste avec la statue dont il annonce pourtant la venue.
Allégorie de la mort, la figure du « Temps avec sa faux à la main » (p. 116) est riche de sens
par rapport au héros qui n’a cessé de repousser les échéances, de refuser toute forme d’engagement
pour mieux jouir de l’instant et qui croit toujours avoir le temps, comme s’il était
immortel. C’est là un trait de caractère constitutif du personnage mythique de Dom Juan, dès
la pièce de Tirso de Molina (« Si lointaine est votre échéance ? D’ici là l’étape est bien longue »
réplique le héros à son père qui le menace du jugement « implacable » de Dieu à l’heure de sa
mort). De même, le héros de Molière déclare ironiquement à son valet « Oui, ma foi ! il faut
s’amender ; encore vingt ou trente ans de cette vie-ci, et puis nous songerons à nous. » (p. 99,
l. 13-14).

● Défi ultime ou défaite définitive ?

Ce dénouement pousse à bout la logique du défi orgueilleux qui caractérise Dom Juan.
Contrairement à Sganarelle qui, terrifié, conjure son maître de se rendre à l’évidence, celui-ci
manifeste sa bravoure autant que son goût de la bravade : désarmé par l’apparence chan-
geante du Spectre, le libertin veut s’en tenir à la seule expérience sensible, comme il l’avait fait
(IV, l. 8, p. 97) face au hochement de tête de la Statue (« je veux voir ce que c’est », p. 116,
l. 9-10, « je veux éprouver par mon épée si c’est un corps ou un esprit », l. 16-17). Ses négations
répétées (« Non, non » suivies de phrases négatives) revendiquent avec opiniâtreté son
refus du repentir.
et Le premier geste de Dom Juan, tentant de frapper le Spectre, souligne le courage
du héros mais aussi l’impasse de son affrontement au surnaturel car un coup d’épée ne saurait
vaincre un spectre. Quant au geste final de la main immédiatement donnée à la Statue,
accompagné d’un « oui » qui tranche avec la série des « non » obstinés, il est là encore polysémique.
L’« épouseur à toutes mains » semble puni par où il a péché puisque Dom Juan avait
coutume de sceller par ce geste ses contrats de dupes (avec Charlotte ou Monsieur Dimanche,
notamment). Face à la Statue, Dom Juan se trouve pour la première fois confronté à une situation
inverse, celle de prendre une main qu’on lui tend, et il semble ainsi accepter de s’engager
solennellement vers sa propre mort, assumer son destin, tel un héros tragique. Enfin, on pourrait
dire que le libertin a enfin trouvé ce qu’il cherchait frénétiquement, si l’on suit l’interprétation
de Louis Jouvet voyant en Dom Juan un athée désespéré de ne pas croire : « Dom Juan
n’est pas un séducteur, c’est un homme qui cherche, qui voudrait croire et qui ne peut pas.
C’est, comme on disait au XVIIe siècle, quelqu’un qui n’a pas la grâce, une espèce de maudit.
[…] », Louis Jouvet, Molière et la comédie classique (voir la bibliographie de ce livret p. 39).
C’est en ce sens, également, qu’on pourrait interpréter l’exclamation de Dom Juan « Ô Ciel ! »
(p. 117, l. 9), à moins d’y entendre l’ironie de Molière envers son personnage qui s’est tant de
fois gaussé du « Ciel ».

● Dénouement tragique ou comique ?

et Le dénouement d’une comédie classique consiste traditionnellement à réunir tous
les personnages sur scène – hormis les indésirables ou les figurants – pour célébrer l’heureuse
issue du conflit : obstacles surmontés éventuellement grâce à un deux ex machina (voir l’encart
p. 116) ou une révélation providentielle, mariage des jeunes amoureux, retrouvailles ou
réconciliations, etc. Rien de tel ici, où le deux ex machina surnaturel n’intervient que pour éliminer
le héros, tandis que son valet dépité récapitule les désordres vengés par la justice divine.
Certes, le châtiment du libertin est censé « satisfaire » ses nombreuses victimes, comme le dit
Sganarelle, mais il s’agit d’une victoire plus amère qu’heureuse ; la mort de Dom Juan ne saurait
réparer ses torts puisqu’il n’est plus là pour payer ses dettes. Sa famille comme celle
d’Elvire restent à jamais « déshonorées », Dom Louis « outragé », et on peut imaginer Elvire
inconsolable de n’avoir pu empêcher la damnation de son époux (« dans cette retraite, j’aurais
une douleur extrême qu’une personne que j’ai chérie tendrement devînt un exemple funeste
de la justice du Ciel », p. 93, l. 42-44).
C’est ce personnage de débiteur ingrat et à jamais insolvable que souligne la dernière
réplique de Sganarelle. La déploration des gages impayés rappelle de manière bouffonne et
dérisoire le « crime » symbolique de Dom Juan, et fait ainsi basculer la tragédie dans la farce
grinçante. L’exclamation répétée « Mes gages ! » (p. 117, l. 11) fut, croit-on, supprimée dès les
premières représentations car elle bafouait la solennité du châtiment divin.
Le dénouement du Festin de Pierre de Thomas Corneille (p. 119) offre un bon exemple de
réécriture conciliante et moralisatrice :
– Dom Juan tente de se dérober lâchement aux instances de la Statue en invoquant un piètre
alibi (« on me demande ailleurs »), bien différent de la ténacité rageuse du héros de Molière
face au Spectre comme de son « Oui. Où faut-il aller ? » (p. 117, l. 3) courageusement adressé
à la Statue.
– Les derniers mots « c’est trop tard que mon âme interdite… Ciel ! » (p. 120) suggèrent une
volonté de repentir que le héros de Corneille n’a pas le temps de prononcer. Mais c’est l’intention
qui compte, pour manifester la toute-puissance du Ciel…
– Le mot de la fin, énoncé par Sganarelle, ne contient aucune allusion aux gages impayés et
n’a rien de grotesque (hormis, peut-être, la résolution précipitée de courir se rendre ermite) ; le
valet souligne la portée exemplaire du châtiment du libertin, destiné à amender au plus vite
« tous les scélérats » (p. 120).

en espérant t'avoir aidée
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Re: [1ère] Commentaire sur Dom Juan

Messagepar xloovea le 24/02/2012 à 11:56

Oui merci pour toutes ces informations encore mais je n'arrive pas trop à bien les organiser .. L'ambiguïté fait-elle partie du surnaturel ? Explique t-elle cela ?
xloovea
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